16/07/2017 Tout frais du jour

 

Ou sinon de la veille, c'est assez difficile à dire. En tout cas, pas vieux, pas gros et pas facile à suivre : une toute petite boule de plume de quelques centimètres de long, qui cavale déjà pour échapper à la gigantesque menace que représente le photographe. Le rapport doit être de 1:65 pour la taille, et 1:7500 pour le poids !

Ce qui est remarquable chez les oiseaux nidifuges, c'est la capacité quasi immédiate après l'éclosion qu'ont les poussins à s'adapter. En quelques instants, ils peuvent se déplacer. C'est la condition pour échapper aux prédateurs. Ils savent d'instinct que c'est leur petitesse et leur vigilance qui leur garantit un camouflage impressionnant, combiné à leur plumage cryptique.

Pour préciser : c'est une fratrie de quatre. J'ai la chance de les voir, car l'un des parents les accompagne. C'est en approchant que le système de défense se met en marche. D'abord on court pour échapper visuellement à la vue de l'intrus. Dans un second temps, si la menace persiste, on change de stratégie : le camouflage, les adultes essayant d'éloigner le danger en feignant une blessure, tout en poussant des cris d'alarme indiquant aux jeunes qu'il faut se tapir au sol et ne plus bouger. La leçon est apprise immédiatement !

 

Petit gravelot, Charadrius dubius
Petit gravelot, Charadrius dubius

 

Je suis maintenant à quelques mètres des poussins, je sais dans quelle zone ils se sont aplatis. Je passe 5 minutes à scruter la zone, pour les repérer : sans succès. Il ne faut pas continuer d'avancer sans savoir où ils sont exactement, faute de les écraser accidentellement, car ils ne bougeront pas d'un iota. Ça y est, j'en vois un ! J'ai scruté cette même zone une dizaine de fois, sans ne rien voir !!! Puis les autres apparaissent à mes yeux, comme une image subliminale qui se serait révélée avec le temps... Émotion garantie.

 

Petit gravelot, Charadrius dubius
Petit gravelot, Charadrius dubius